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Un mois d’imagination

Un peu par hasard, je suis tombée sur l’initiative du mois de la littérature dont l’objectif est de stimuler l’imagination et le pouvoir de l’habitude d’écrire.

Au départ du site de la FNAC, cette action vous met au défi d’écrire un court texte de 250 à 750 signes chaque jour en y incluant un mot imposé. Certains d’entre eux sont inspirants, d’autres moins. Cela pendant 21 jours. Une belle idée pour entrainer votre imagination.

Comme je suis joueuse, j’ai eu envie de relever le défi en me mettant deux difficultés supplémentaires : pas de préparation (les mots sont connus à l’avance sauf deux) et un temps maximum de 15 minutes pour regarder le mot, écrire le court texte, le corriger si besoin et le poster. 

Je m’amuse beaucoup à me laisser surprendre par les méandres de mon imagination. Dès lors, j’ai eu envie de partager l’aventure avec vous.

Voici mes 7 textes de la première semaine du mois de la littérature. Au-dessus de chacun d’eux se trouve le mot imposé. Celui-ci peut être décliné sous différentes formes (conjuguée, adverbe, nom…)

JOUR 7: MOUCHARDER

Les coups assénés déchiraient ses entrailles. Dans la bouche de Vince, un goût métallique lui provoqua une violente nausée. Les larmes menaçaient de jaillir. Mais il refuserait ce plaisir à ses agresseurs.

— On n’apprécie pas les mouchards ici ! Éructa le plus grand d’entre eux en lui portant un ultime coup de pied dans le ventre alors qu’il s’étalait de tout son long contre le mur poisseux du couloir de l’entrepôt. 

Vince resta un moment contre le carrelage froid, son corps endolori. Son bleu de travail plein de sueur collait sur sa peau meurtrie. Il ne flancherait pas. Il devait protéger Lucie, peu importe le prix. Lorsqu’il fut seul, l’image de son petit garçon lui apparut clairement au milieu du silence.

JOUR 6 : CERCLE

Inès observe le plan d’eau calme et lisse. Derrière elle, le silence du bois des Rabières l’enveloppe. En face, les strates de la falaise crayeuse renvoient des ombres rassurantes.

Elle place son pied gauche au bord de l’eau, l’autre un peu en arrière. Dans sa main, la pierre parfaite, elle le sent. Elle plie son corps d’adolescente et se concentre. D’un geste précis, elle lance le caillou avec force. Il ricoche et trouble la surface de nombreux cercles de plus en plus éloignés.

Inès inspire l’air frais de la forêt. Une étrange sérénité l’envahit. Pourtant, demain, sa vie va basculer.

JOUR 5 : COQUELICOT

La clé de l’armoire du bar grince dans la serrure. Même si ses parents sont absents, Alexis frémit. Très vite, il écarte le sentiment de culpabilité qui l’envahit. 

Élise lui a envoyé un texto : « apporte l’apéro ! »  

Son cœur bat si fort pour elle. Il est troublé. Alors, il désire l’impressionner. Mais, il n’y connaît rien. À seize ans, il ne boit pas. Il n’aime pas ça.

Il avise les flacons de liqueur ; rose, coquelicot, violette. Il ignorait que l’on pouvait siroter des fleurs. Ça le tente, mais il ne veut pas passer pour un looser. Aussi, il plonge sa main derrière les bouteilles de son père et en ressort un « Rhum vieux – Cuvée XO » encore fermé. Alexis, le fourre dans son East pack, noue les lacets de ses Stan Smith et s’enfuit. 

JOUR 4 : OBSIDIENNE

Le visage plissé de la vieille s’écrasa brutalement dans la poussière devant sa cabane entourée de roses trémières. Son œil meurtri laissait échapper quelques larmes sur sa pommette découpée par la violence des coups. De la poche de sa jupe glissa un galet noir et lisse.

Hurlant des mots dans une langue qu’elle ne comprenait pas, l’homme ramassa le caillou et mit le canon de son fusil sur la tempe fripée de la résistante.

Avant de tirer, le soldat lança furieusement l’obsidienne contre une roche. La poussière de l’éclat de la pierre, devant les visages apeurés des enfants qu’elle avait cachés, fut la dernière chose que Rosine aperçut. Puis, vint la déflagration. 

JOUR 3 : CIRRUS

Elle se ronge les ongles à sang. Autour d’elle, les personnes s’extasient sur la beauté du coucher de soleil. Elle se tait. Elle doit profiter, elle le sait. Malgré elle, l’angoisse sourde la dévore. Pourtant, elle ne peut pas leur hurler que ce spectacle est splendide parce que la lumière se reflète dans les nuages si fins qui peignent le ciel.

Cachés parmi eux, les cirrus homogenitus, résultats des gaz d’échappement des avions, seraient du plus bel effet dans un tableau à la Monet. Mais pas pour l’avenir du monde !

Elle tremble et serre ses mains contre son ventre. À ses côtés, il ne décèle pas la détresse de sa femme. Heureux, il contemple le ciel, les yeux brillants. Bientôt, leur enfant sera là.

JOUR 2 : INCANDESCENT

– Cet enfant est un démon !
La maîtresse éructait, les yeux exorbités. 
Je mis cela sur le compte de sa fatigue. Manifestement, elle semblait dépassée et je ne pouvais que me montrer empathique, moi qui étais prête à payer le double pour qu’elle accepte de garder mon fils plus longtemps avec les autres.

Il faut dire que Théo avait mis la classe sans dessus dessous. Dans un coin, un petit garçon reniflait bruyamment essayant de faire remonter les longues colonnes de mucus nasal qu’il finissait par reprendre goulûment avec la pointe de sa langue rosée. 


Cinq ans de bouillonnement. Un caractère impétueux, libre, incandescent. Mon petit monstre me fixait les yeux brillants de contentement. 

JOUR 1 : GENIE

Je patientais fébrilement pour qu’il cite mon nom. Mais il ne l’a pas fait. Lucas Rossignol, professeur d’art dramatique, n’avait sans doute jamais envisagé de m’inclure dans son spectacle.

Je sentais les larmes inonder mes joues. Ma respiration se faisait saccadée et mon cœur se serrait tant que j’en eus la nausée. Alors, au milieu des applaudissements qui n’étaient pas pour moi, je quittais l’amphithéâtre qui n’accueillerait jamais mes premiers pas.

Ma déception était à la hauteur des efforts que j’avais déployés durant des semaines pour vaincre ma peur et me présenter aux auditions.

Mais voilà, je n’avais pas de génie, pas de talents, pas de chance. J’allais retomber dans la morosité de ma vie sans saveur. Soudain, j’eus peur.

Avant de partir…

J’espère que vous aurez apprécié ces quelques lignes sortie tout droit de mon imagination et que vous aurez à cœur d’aller découvrir ici comment les centaines de participant·e·s à ce concours du mois de la littérature ont joué avec les mots de leur côté.

Hélène

Photo by Green Chameleon on Unsplash

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